ROUDOULE, écomusée en terre gavotte 

Une Histoire

Maison de l'écomusée à Puget-RostangMusée associatif créé en 1986, l'Ecomusée est l'aboutissement d'une aventure humaine débutée en 1963, alors que Puget-Rostang ne compte plus que 20 habitants, âgés en moyenne de 66 ans.

Les frères Maurin, amoureux de leur pays, décident de changer le cours des choses en revenant s'installer dans le village de leur enfance. La création de l'association des Amis de la Roudoule en 1966 offre une vitrine à l'action de revitalisation et de développement local entreprise par les frères Maurin.

20 ans plus tard, le pari est réussi. Pour Ange Maurin il reste néanmoins encore du chemin à parcourir pour redonner au pays sa mémoire et son identité sud alpine.

C'est dans cet objectif qu'est créé, en 1986, l'association de l'Ecomusée du Pays de la Roudoule, avec pour but la valorisation et le développement économique, social et culturel du territoire.

L'Ecomusée, c'est une colletion de plus de 8000 objets témoins de la vie quotidienne et des activités économiques et sociales d'un territoire.

S'il a obtenu le statut de Musée de France, c'est parce que l'Ecomusée, en plus d'être un outil de mise en valeur du patrimoine matériel, naturel et culturel, est un outil de recherche et de développement local.

A ce titre, l'écomusée représente un pôle de compétences sans équivalent en matière d'inventaire du patrimoine, de recherche historique et ethnologique, ou d'organisation d'animations thématiques ou d'expositions.

Un Projet Scientifique et Culturel

Voie pavée du col de Roua (Léouvé  - La Croix-sur-Roudoule)L’Ecomusée est un établissement de recherche scientifique, de publication culturelle et d’animation du territoire dans lequel il situe son intervention.

Le projet soumis à la Direction des musées de France et validé par elle a pour cadre général l’étude des modalités de communication, de circulation et d’échange à l’intérieur de ce territoire.

Au cœur des Alpes méridionales, traversée par une frontière d’états, profondément marquée par les circulations liées aux guerres, aux échanges économiques, aux voyages vers l’Italie et la vallée du Rhône, à l’élevage ovin, cette région est riche d’un patrimoine anthropologique et culturel diversifié, fruit d’une histoire riche et féconde.

Les expositions présentées mettent en valeur l’importance et la qualité des échanges qui permettent à de modestes communautés humaines d’être pleinement intégrées à la société de leur temps et à ses évolutions.

Un Territoire

Pour le provençal est gavot tout ce qui appartient à ses montagnes : les habitants sont des gavots qui parlent le dialecte gavot et, dans leurs réjouissances, dansent la gavotte.

On a cru pouvoir, parfois, discerner une nuance péjorative dans le mot, rattachant ainsi le gavot au cortège « pittoresque » que compose le crétinisme alpin souvent décrit par des voyageurs en mal d’émotions.

Il ne s’agit en fait que de donner une indication très générale sur les racines territoriales d’un homme, d’une langue ou d’un produit. Le pays gavot n’existe pas en tant que tel. Il n’a ni frontières précises, ni institutions particulières.

Par contre il existe bien une réalité gavotte : celle du visage culturel original que les montagnards provençaux ont élaboré au fil des siècles.

Les échanges entre littoral et hautes vallées, entre plaine et alpage, entre villes et hameaux de montagne, ont permis de construire un modèle culturel spécifique. La transhumance ovine tout autant que l’émigration saisonnière en sont les vecteurs.

Le patrimoine ethnologique et artistique en est le témoin. Il serait donc totalement erroné d’isoler telle vallée, tel massif, telle communauté d’un environnement élargi. C’est pourquoi nous avons retenu comme « terrain d’exploration » de l’Ecomusée un vaste quadrilatère circonscrit par les vallées de l’Ubaye, de la Tinée, de l’Estéron et du Verdon.