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Sculptures L'Action Enchaînée / Stèle du Jubilé Groupe sculpté de la Passion Les Augustins sont parmi les premiers promoteurs d’un souci de réforme interne de l’Eglise catholique et parmi les plus actifs commanditaires d’œuvres s’offrant à nourrir une méditation chrétienne sur le thème de la passion et de la Résurrection. Le talent d’un atelier se lit dans une qualité d’exécution où se marie le rendu des émotions, la vigueur du modelé, la finesse des détails. Certainement polychromée à l’origine l’œuvre a connu bien des vicissitudes : alors que la Mise au tombeau qui constitue la base était repeinte en noir et installée comme soubassement d’autel, la Crucifixion servit d’ornement principal à la chapelle des Pénitents, la Résurrection étant reléguée dans une arrière sacristie. Le démembrement fut consécutif à la fermeture du couvent des Augustins, le 15 mai 1783. Source : FONTANA Jean-Loup – Passion, Chefs d’œuvre de la Renaissance dans les Alpes méridionales, éditions Gilleta, Nice, 2000, p. 75 L'Action enchaînée - Bronze - Aristide Maillol - 1908 - Puget-Théniers
L'allégorie a pour modèle l'épouse de Maillol : Dina Vierny. Elle est dédiée au Révolutionnaire de 1830, 1839, 1848, de la Commune de la Paris, à l'Homme de "Ni Dieu, ni Maître" : Auguste Blanqui, né à Puget-Théniers le 8 février 1805 et qui passa 43 ans et 2 mois en prison. En 1903, sous l'impulsion de Gustave Geoffroy, biographe de Blanqui, la section pugétoise de la ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen forme un comité qui prend l'initiative d'ériger un monument à sa mémoire. Le président d'honneur de ce comité n'est qu'autre que Georges Clémenceau. Ce projet est soutenu par la commune et le conseil municipal décide en séance le 20 mai 1904 d'octroyer une première subvention de 100 Francs et de lancer une souscription auprès des pugétois et des autres municipalités républicaines. Lorsque l'ensemble des souscriptions atteint 7000 Francs, Clemenceau soumet le projet à Maillol. Contrairement à Dalou, qui représente Blanqui gisant au cimetière du Père Lachaise, Maillol lui dédie une allégorie.
En juillet 1909, c'est à d'Aristide Briand de se décommander. On décide une nouvelle fois le report et la cérémonie, qui en fin de compte n'aura jamais lieu. Et l'on attend jusqu'au jour, ou plutôt une nuit, que quelques jeunes Pugétois farceurs la dévoilent en lui ôtant son costume de planches. C'est alors que cette nudité, aux hanches puissantes et à la fermeté victorieuse de ses seins de bronze, littéralement aux portes de l'église, fait vraiment scandale dans le village. Le clergé décide de dévier processions et enterrements de l'autre côté de l'église. L'écrivain Dominique Durandy, rapporte dans ses souvenirs : "que les dames du Saint-Sacrement se signet en passant devant l'infernale académie comme si elles viennent dne voir le diable ; et si des enfants s'en approchent en jouant, vite on les rappelle comme s'ils sont menacés de quelque danger mystérieux". Certains "cléricaux" vont même plusieurs fois jusqu'à la rhabiller. Mais petit à petit la force de l'habitude éteint les passions. Après la Première Guerre Mondiale, le conseil municipal cherche un emplacement pour le monument aux Morts et fixe son choix sur la place de l'église. En juin 1923, la statue émigre sur le pré de foire et y reste sans histoire jusqu'en 1941. Pendant l'occupation, pour éviter à l'Action enchaînée d'être fondue, on la dissimule aux abattoirs du village. La ruse est vaine et le 11 mars 1942, elle prend la route de Nice avec comme destination Hambourg. Maillol alerté, téléphone au préfet, lequel demande à son tour au ministre de l'Education nationale la grâce de la statue, et l'obtient le 26 mai 1942. Elle est stockée dans un hangar de la chaufferie du port de Nice où elle échappe par miracle aux bombardements. En septembre 1944, la statue, regagne Puget-Théniers. Aujourd"hui, par-dessus les querelles politiques et autres qui agitent périodiquement la petite cité, Marianne, comme l'ont populairement baptisée les Pugétois, est devenue le symbole de l'unité et de la fierté du village. Source : MURAIRE Jean-Marc -Exposition Auguste Blanqui, Puget-Théniers, 2005. Stèle du Jubilé - 1875 -Saint-Léger
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L'Action enchaînée marque une rupture avec les traditions de l'art du XIXe siècle. Maillol "supprime la narration, s'écarte du romantisme, simplifie les formes, ouvre la voie du silence, abolit le mouvement", tout en s'inscrivant dans la continuité de la statuaire antique grecque. A la sensualité d'un corps massif aux formes lisses, épanouies et aux mains enchaînées s'oppose un visage grave et farouche.
Par une décision du 11 février 1906, la municipalité radicale socialiste décide que le monument sera érigé sur la place vis-à-vis de l'église paroissiale : ce que certains prennent pour une provocation. En septembre 1907, Maillol vient exprès de Marly pour contrôler la bonne exécution des travaux. Début 1908, le monument est complètement terminé et quelques planches le protègent des regards indiscrets. Tenant à donner à l'inauguration un caractère solennel et grandiose, le conseil municipal souhaite la présence du président du Conseil en personne : en mars 1908, Clemenceau empêché ne peut participer à la manifestation. On la reporte…