Almanach

19 mai 1883 : Marius Liautaud, mécanicien à Puget-Théniers invente un ancêtre du réfrigérateur

Marius Liautaud mécanicien à Puget-Théniers dépose un brevet d'invention pour la "conservation des substances alimentaires et appareils qui s'y rapportent"

extrait de la science culinaire n°115 du 1er au 15 juillet 1883.

Le procédé de conservation des substances alimentaires qui fait l'objet de la présente demande, a pour base l'emploi d'un mélange d'acide sulfureux et d'azote, agissant dans des appareils de construction spéciale.
Nous avons représenté, sur le dessin ci-annexé, les dipositions de ces appareils, dont nous allons donner la description.

La figure 1 représente un appareil portatif, de dimension restreintes, pouvant suffire aux besoins d'une consommation modérée.
Il se compose d'une capacité A, de préférence cylindrique en tôle, qu'on peut émailler ou recouvrir intérieurement d'un métal ou d'un enduit inattaquable à l'acide sulfureux. Cette chambre porte, sur son pourtour supérieur, un siège sur lequel vient reposer le couvercle B, avec interposition d'une feuille de caoutchouc, pour assurer l'étanchéité. Une couronne C, attenante au siège permet, sil 'on veut, de fair un joint hydraulique. Le couvercle B est muni d'un robinet D.

Dans l'intérieur de la chambre, on introduit un panier cylindrique I dont les parois sont constituées par une tôle métallique et qui repose sur des supports, un peu au-dessus du fond. Ce panier est muni soit de claies étagées, soit de barres transversales F avec crochets, pour supporter les substances alimentaires.
Vers la partie inférieure de la chambre A se trouve un logement étanche G, fermé par un tampon à vis, et dans lequel on place une coupelle H contenant le soufre. Un tuyau de dégagement I amène les vapeurs d'acide sulfureux au centre de la partie inférieure de la chambre.
Pour se servir de cet appareil, il suffit, après avoir garni le panier E de matières à conserver, d'introduire la coupelle H pleine de soufre, d'allumer ce dernier et de fermer le tampon à vis. Le soufre brûle aux dépens de l'oxygène de l'air jusqu'à disparition de ce gaz et il ne reste dans la chambre qu'un mélange d'acide sulfureux et d'azote. L'acide sulfureux agit sur les substances à conserver, la viande par exemple, et les pénètre sur une profondeur plus ou moins grande suivant la durée de l'exposition. Cette durée varie elle-même avec la grosseur des pièces exposées et avec le temps pendant lequel on veut garder ces substances avant leur consommation.
La combustion du soufre dans la chambre A, et sa transformation en acide sulfureux, aux dépens de l'oxygène de l'air contenu dans cette chambre, détermine dans cettre dernière un vide partiel, ou mieux une dépression, qui a pour effet de fixer fortement le couvercle B sur son siège. Quand l'opération est terminée, on ouvre le robinet D, l'air extérieur afflue dans la capacité A, l'équilibre de pression s'établit et l'on peut enlever le couvercle B. On laisse échapper les gaz délétèrre et on retire le panier avec les matières qu'il contient.
Ces matières  sont alors susceptibles de se conserver sans altération, exposées à l'air, pendant un temps plus ou moins long suivant la durée de leur séjour dans la chambre A. Si ce sont des viandes, par exemple, la partie extérieure est seule un peu noircie et desséchée. L'intérieur garde toute sa fraïcheur et sa saveur.
La figure 2 du dessin représente, à échelle réduite, une capacité de grandes dimensions. Pouvant contenir une grande quantité de viande et même des animaux entiers. Elle se compose d'une chambre L à parois, de préférence, métalliques, munies, sur deux côtés opposés, de fortes cornières M en nombre variable, sur lesquelles se fixent les traverses N avec crochets pour suspendre les matières à conserver. Une porte P donne accès dans la chambre, à des hommes qui placent ou enlèvent les produits. Le robinet Q permet à l'air extérieur d'entrer au moment voulu. Les vases contenant le soufre allumé se placent sur le plancher de la chambre, et s'introduisent par de petites portes non figurées sur le dessin. Ces portes, ainsi que la porte P, ferment hermétiquement, soit à l'aide de bandes en caoutchouc, soit par tout autre moyen.
Quand l'opération est faite, on ouvvre les robinets Q et R' et on fait arriver par le tuyau R un courant d'air fourni par une pompe, ou un ventilateur; la chambre se trouve ainsi débarassée des gaz délètères, et les hommes peuvent alors entrer par la porte P pour enlever les substances traitées…

Houe dentée - Magau

Houe dentée - Magau
Nom dialectal: Magau
Utilisation: les houes s’emploient selon le poids et la forme pour ameublir le sol, pour extraire des pierres ou des légumes, ramasser des matières éparses ou arracher des herbes. Elles sont utilisées en percussion lancée et/ou grattement. L’utilisateur a le dos courbé et les jambes écartées. La houe est saisie à deux mains, soulevée et abaissée vivement avec force. Le travail se fait généralement à reculons. Ce labour à bras, profond, est effectué sur les terres ayant le plus de valeur : celles qui sont irriguées, à l’image des jardins potagers jouxtant les habitations ou ceinturant en terrasses les hameaux des Laves et du Serre. Catherine Llaty mentionne que dans les Alpes Méridionales : ces outils constituaient également les auxiliaires des instruments de labours tractés, permettant soit d’assurer les finitions, comme les labours d’angles et des bordures, soit de compléter le travail comme l’aplanissement du terrain ou l’arrachage des mauvaises herbes » (1). Jean Casimir (2)mentionne dans son enquête agricole dans les Alpes-Maritimes (1937) : qu’autrefois, on sarclait régulièrement le blé, une ou deux fois. Dans le premier cas, l’opération était faite vers le mois de mai et avait surtout pour but la destruction des chardons. Dans le second cas, on faisait un sarclage-binage à la sortie de l’hiver et un sarclage à la main vers le mois de mai ou plus exactement avant la formation de l’épi.» Ces outils s’avèrent indispensables dans les zones où l’araire ne peut-être transportée ou manoeuvrée. Chaque parcelle de terre potentiellement cultivable, compte tenu de la pression démographique et des faibles rendements bénéficiait d’un labour. Outre leurs usages généralistes, ils présentent des particularités. Les dents du «magau», divisent et émiettent le sol, arrachent les racines.

Source:
THOMASSIN Ph.- Pour une approche de l'inventaire du patrimoine mobilier, étude pluridisciplinaire du site de Barels, édition écomusée du Pays de la Roudoule, Puget-Rostang, 2005, p.132-133
notes
(1)LLATY C. – Des labours au battage. La culture des céréales dans les Alpes-mériodionales (XIXe milieu XXe siècle). Pour une analyse ethnologique des variations techniques. Université de Provence, Aix-en-Provence 1999.
(2)CASIMIR J.- Statistique agricole de la France,annexe à l’enquête de 1929. Monographie agricole du département des Alpes-Maritimes, 1937,p.44.

Epoque: 1/3 XXe siècle
Provenance: vallée de la Roudoule, Puget-Rostang
Materiaux: bois (frêne) - acier
Dimensions: H : 70 cm L : 28 cm Lg : 20 cm
Mots clefs: agriculture, labour à bras